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Élisabeth Louise Vigée-Lebrun : beauté, talent et modernité

Élisabeth Louise Vigée-Lebrun fut célèbre par son talent et par sa beauté. Son talent lui valut d’être admise aux académies de peinture de France, de Rome, de Parme, de Bologne et bien d’autres. Sa beauté lui valut d’être une femme à la mode, et l’agrément de son esprit de garder longtemps cette faveur qui l’entourait des gens les plus distingués de son siècle. Tout ceci se passait avant la première Révolution. Cette beauté, ce talent, cet esprit, furent dans tout l’éclat de leur brillante jeunesse sous le règne de Louis XVI, et la manière dont on accueillit et fêta ses avantages chez les princes et chez le roi prouve une fois de plus que l’on rendait alors justice à tous les genres de mérites, et que les faveurs de la cour venaient avec empressement en reconnaître et en rehausser l’éclat.

Dans tous les tableaux de madame Lebrun où l’ajustement put être arrangé au gré du peintre, les cheveux sans poudre, les draperies élégamment jetées, laissent à la nature toute sa beauté. Le succès immense qu’eurent les portraits de la reine et de toute la famille royale mit bien vite en vogue le talent de la jolie femme ; elle eut aussitôt des amis, des admirateurs, des adorateurs, des envieux et des ennemis, ce cortège obligé de la gloire.

Autoportrait au chapeau de paille, 1782. Huile sur toile, 97,8 x 70,5 cm. National Gallery, Londres.
Autoportrait au chapeau de paille, 1782. Huile sur toile, 97,8 x 70,5 cm. National Gallery, Londres.

Aux premiers symptômes d’une république, madame Lebrun, qui les aimait mieux sans doute en fiction qu’en réalité, quitta Paris et s’éloigna de la France. Elle se réfugia en Italie, cette terre des chefs-d’œuvre, où elle trouva non seulement un abri contre les dangers de la Révolution, mais les jouissances infinies qu’une imagination d’artiste devait éprouver dans cette patrie des arts.

Marie-Antoinette, reine de France, et ses enfants, 1787. Huile sur toile, 275,2 x 216,5 cm. Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles.
Marie-Antoinette, reine de France, et ses enfants, 1787. Huile sur toile, 275,2 x 216,5 cm. Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles.

Madame Lebrun peignit à Rome quelques beaux portraits ; mais il lui fallait refaire sa fortune. Tout ce qu’elle avait eu de ses nombreux ouvrages avait été perdu pour elle, et alors elle se décida à quitter la ville et le peuple des souvenirs pour un grand pays qui, en fait d’art, en était encore à l’espérance, la Russie. Vigée Lebrun fut reçue à Saint-Pétersbourg avec autant de grâce et d’empressement que de magnificence par l’impératrice Catherine II et par toute sa cour. Madame Lebrun habita successivement Saint-Pétersbourg et Moscou ; puis elle quitta la Russie, comblée d’honneurs et de richesses.

Madame Lebrun parcourut encore le reste de l’Europe, s’arrêta à Vienne et à Berlin, et rentra en France sous le Consulat. Sollicitée de faire un voyage à Londres, elle quitta de nouveau la France, y revint ensuite et en repartit encore. Enfin madame Lebrun, après de longues années de pérégrinations glorieuses et fructueuses, se fixa définitivement à Paris et à Louveciennes, où elle acheta une délicieuse maison.

L’exposition Élisabeth Louise Vigée Lebrun se termine bientôt, il ne vous reste plus que quelques jours pour vous ruer au Grand Palais ! Ou bien consultez l’ouvrage intitulé Élisabeth Louise Vigée Lebrun de la collection Focus, ainsi que celui de la collection Best Of (en anglais), publiés par Parkstone International.

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